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trinitéLa distillerie Hardy : légende du précieux nectar

Sur le rivage du bourg de Tartane, la propriété Bonneville créée en 1830 fut rachetée en 1905 par Gaston Hardy. Depuis, la même famille y veille sur la qualité d'un rhum vieux cacheté à la cire de très grande réputation.(pour mieux connaître le rhum cliquez sur l'image )

Les méthodes artisanales et la faible production qui garantissent sa qualité ne font pas toujours bon ménage avec le monde moderne. La distillerie ne fume pas chaque année, mais elle maintient sa production modeste et veille avec soin sur son trésor embouteillé.[source Madras]

Rhum Tartane - Une histoire peu commune
Texte extrait de l'encyclopédie "Canne Sucre Rhum" Editions du Ponant.

rhum hardy"Rhum ! Tartane ! Mots magiques. . . Evocation des corsaires, des pirates et autres flibustiers de la Caraibe. Dubuc, son chateau, ses trafics en tout genre. . . Plusieurs siècles de vie antillaise entoureront votre visite. . .
Et, comme par une espèce de magie, l 'Histoire se perpétue. . .
Comme si rien ne pouvait échapper au déroulement inéluctable du temps...

Si vous avez la chance de rencontrer Gaston Hardy, le responsable de cette distillerie, il pourra vous décrire maints et maints événements qui se déroulèrent dans « le grand Cul-de-Sac ».
Marie Bonnard, la femme de Duparquet, avait compris, des 1658, tout l'intéret d'une telle région. Alors, on en chassa les malheureux Caraïbes.

Puis, on y installa des habitants mais aussi des immigrés, en particulier ceux venus du Brésil, ces Juifs hollandais qui donnerent le nom de leur pays d'origine à un quartier, mais qui, surtout, amenèrent avec eux le « secret » de la fabrication du sucre.

Quelle plus grande dynastie régna a la Martinique que celle des Dubuc, maîtres à trente lieues a la ronde ?
Pierre, compagnon de d'Esnarnbuc ; son fils, prénommé aussi Pierre comme le voulait la tradition pour un aîne ; son petit-fils, Jean, dit Dubuc de l'Etang ; son arriere-petit-fIls, Jean-Baptiste, dit le Grand Dubuc, futur secretaire d'Etat ; enfin, le fils de ce dernier, Louis-François, dit Dubuc de Marcussy.
Deux cents ans de règne (1635-1830) ; une politique sans loi ; un trafic sans comparaison une richesse et un declin sans exemples... Dans cette region qui ne vivait que par le sucre, et pour le sucre, Emilien Bonneville décida un beau jour de 1860 que le monde devait changer.
Pour cela, il fit installer une machine a vapeur, génératrice d'énergie pour l'unique moulin. Fabriquée en 1856, elle ne devait « mourir » qu'en 1950, soit près de un siècle plus tard.
Comme M. Bonneville n'avait eu que trois filles, il vendit la propriété en 1905.
Entre-temps, cependant, la région avait été devastée par les terribles cyclones de 1891 et de 1903.
L 'acquéreur se nommait M. Gaston Hardy et était alors agé de trente-cinq ans (il est né en 1870). Helas ! deux incendies au cours des années 1922 allaient l'obliger à abandonner la rhumerie.
Ce ne fut qu'en 1927 que son fils, Gaston, se décida a reprendre l'affaire familiale.
Après de solides études à l'Ecole des ingénieurs d'Etat, il récupéra le matériel assoupi et lui rendit vie.
Ainsi se remit à fonctionner un moulin de 1866, qui avait été fabriqué à Saint-Pierre, par les Etablissement Meyer .

Actuellement, 1 200 tonnes de canne issues de faire-valoir direct sont broyées chaque année, ce qui représente 120.000 litres à 55°.
Si le moulin de 1866 succomba en 1950, ii dut son remplacement à un materiel livré par l'entreprise Fives-Lille. La fermentation s'échelonne sur une durée de quarante-huit à soixante-douze heures et une extraordinaire colonne - « Ma bien-aimée », comme l'appelle M. Hardy distille depuis 1919.
Le stockage s'opère dans des foudres d'une contenance de 20 000 litres chacun.
Il se fabrique très peu de rhum vieux. Une dizaine de personnes s'occupent du bon fonctionnement de la rhumerie. Si vous avez un peu de temps (et il serait dommage que vous n'en ayez pas), faites un détour par Tartane.
Longez la plage ourlée des fIlets que les pêcheurs recousent et arrétez-vous à l'ombre d'un manguier séculaire. Alors, vous « entendrez » une cheminée fumer, une colonne distiller ou une mouette crier.
Et puis, entamez la conversation avec cet homme qui aime tant son pays. Il vous parlera de la vie avec timidité et nostalgie. Tout cela n'est qu'apparence : en fait, il est profondement heureux...
Mais, ne l'oubliez pas, la saison canniere est éphémère, elle ne dure que de fevrier à mai.
Pour M. Hardy, c'est bien suffisant... "

 


Visites et dégustations possibles :
du lundi au samedi de 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 17h00.
Téléphone : 0596 58 20 82

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La colonne à distiller "ma bien-aimée"en service depuis 1919 !!
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